L214 Éthique & Animaux

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Ouvrons les yeux sur l'élevage et les abattoirs

    Veni, vidi, veggie

     Nous sommes de plus en plus nombreux.ses à remettre en question notre consommation de produits animaux, notamment de par la souffrance engendrée par celle-ci. Les images de maltraitance au sein d'élevages ou d'abattoirs sont légion et semblent pousser toujours plus de consommateurs et consommatrices vers une alimentation moins (voire non) carnée. À l'origine d'importantes avancées sur la question animale, L214 se démarque ; l'association tire son nom de l'article L214-1 du Code rural. Pour la première fois dans le droit français, les animaux y sont qualifiés comme étant des êtres sensibles :       

Art L214-1 : « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. »     

 

Pour un monde plus éthique

 L214 s'inscrit dans une démarche antispéciste : afin de mieux comprendre de quoi il retourne, il convient de définir l'antispécisme et ce qu'il combat. Le spécisme est une discrimination basée sur l'espèce : pour une explication plus détaillée, Jihem Doe consacre l'une de ses vidéos à l'analyse de celui-ci (ainsi qu'une deuxième à ce qu'est le véganisme). Pour reprendre les mots de Jean-Baptiste del Amo, auteur du live L214 Une voix pour les animaux, « le spécisme est une idéologie couramment répandue qui considère que certaines espèces sont supérieures à d’autres et bénéficieraient ainsi -et, dans les faits, bénéficient de droits qu’elles refusent à ces autres espèces - et qui légitime l’exploitation des espèces soit disant inférieures. L’antispécisme, par opposition, considère que l’appartenance à la race et à l’espèce n’est pas un critère de considération valable, et que tous les individus sensibles doivent bénéficier d’une même considération de leurs intérêts. » Le but n’est en aucun cas d’établir une comparaison entre la valeur de la vie humaine et celle de l’animal non-humain (car, rappelons-le, l’Homme est un animal) mais de reconnaître à l’animal les droits les plus basiques. En juillet 2012 était signée la déclaration de Cambridge sur la conscience : « Au cours de la Conférence commémorative Francis Crick à l'Université de Cambridge, en Angleterre, le 7 juillet 2012, treize neuro-scientifiques d'institutions de renommée telles que Caltech, le MIT ou l'Institut Max Planck, en présence du scientifique Stephen Hawking, ont signé un manifeste revendiquant l'existence de « conscience » chez de nombreux animaux non-humains :  

« Nous avons décidé de parvenir à un consensus et faire une déclaration dirigée au public qui n'est pas scientifique. C'est évident pour tout le monde dans cette salle que les animaux ont une conscience, mais ce n'est pas évident pour le reste du monde. Ce n'est pas évident pour le reste du monde occidental ni pour l'Extrême-Orient. Ce n'est pas évident pour la société. »

— Philip Low, dans la présentation de la Déclaration sur la conscience, Cambridge, 7 juillet, 2012 » 

En plus d’une conscience, les animaux sont majoritairement dotés d’une sentience :  il s’agit de la capacité à éprouver de la douleur, mais aussi des émotions (c’est-à-dire qu’ils font l’expérience de ce qui leur arrive et qu’ils peuvent avoir des états mentaux positifs ou négatifs.) Pour en savoir plus sur cette déclaration ainsi que sur la sentience, l’article d’Éthique Animale qui explique plus en profondeur l’importance et les bases de celle-ci. 

       Parmi les actions les plus relayées de l'association, on retrouve les photos et vidéos d’enquêtes sur le terrain qui semblent se révéler particulièrement efficaces : la révélation des images confrontent læ consommateur.ice à la réalité de sa consommation, ce qui crée un sentiment d’inconfort. Ce sentiment s’explique par un concept psychologique que l’on identifie désormais facilement : la dissonance cognitive. Pour Wikipédia, la dissonance cognitive « désigne la tension interne propre au système de pensées, croyances, émotions et attitudes (cognitions) d'une personne lorsque plusieurs d'entre elles entrent en contradiction l'une avec l'autre. Le terme désigne également la tension qu'une personne ressent lorsqu'un comportement rentre en contradiction avec ses idées ou croyances. » Ainsi, la dissonance de plusieurs cognitions (parmi les exemples les plus connus, Le Renard et les Raisins d’Ésope) entraîne soit un changement de comportement, soit une justification permettant de se satisfaire de son comportement ; dans la fable d’Ésope, le renard ne pouvant atteindre les raisins finit par se convaincre que ceux-ci sont trop verts et donc qu'il ne les désire plus. Il est souvent plus simple de justifier son comportement que d’en changer, car cela implique de sortir de sa zone de confort, de perdre ses repères, sa routine. Une courte vidéo nous explique comment la dissonance cognitive s’applique à l’exploitation et la consommation de produits d’origine animale.
 

Exploitation animale : ce qu'il faut savoir

Si L214 est majoritairement connue pour ses enquêtes, l’association mène parallèlement des actions de sensibilisation (happenings, stands, dégustations, projections de films…). L214 ne souhaite pas uniquement dénoncer les pratiques des établissements et groupes visés par ses enquêtes et actions, mais véritablement accompagner son public vers des alternatives plus éthiques. Pour cela, l’association a mis en ligne plusieurs sites annexes proposant un accompagnement vers un mode de vie végane, ou encore de découvrir la face cachée du lait et de la viande (entre autres), celle que les industries et l’État, intimement liés, souhaitent enfouir sous des recommandations scientifiques toujours basées sur des études financées par… des lobbies, qui jouent la carte de la désinformation. Ainsi, depuis quelques temps, on peut voir fleurir les articles dénonçant les dangers d’une alimentation exempte de produits d’origine animale. Or, lorsque l’on prend le temps de se pencher sur les personnes qui en sont à l’origine, on réalise bien souvent que celles-ci présentent des conflits d’intérêts (avec des groupes ou entreprises produisant ou commercialisant des produits d’origine animale, ce qui n’est pas étonnant quand on sait qu’en 2013, le lait de vache, la viande de porc, de bœuf et de poulet étaient quatre des cinq produits agricoles les plus vendus dans le monde, cumulant un total de 679 milliards de dollars). Ces articles manquent cruellement de sources fiables et non influencées par de quelconques conflits d’intérêts. En cas de doute et afin de vérifier si les auteurs et autrices de ces articles présentent des conflits d’intérêt, il convient de se pencher sur la Base de données publique transparence santé pilotée par le Ministère des Solidarités et de la Santé : les déclarations d’intérêts y sont obligatoirement recensées. Il est dangereux que les lobbies prévalent sur l’avis scientifique. Pour lutter contre les lobbies, retrouvez également l’association Vigilobb qui souhaite établir une contre-expertise citoyenne. 

     Bien qu'encourageant le passage au véganisme, L214 est ouverte au dialogue et souhaite faire avancer les conditions d'exploitation des animaux. Parmi ses victoires récentes, le groupe Panzani qui s’est engagé à exclure les œufs de batterie ou encore Brioche Pasquier qui n’utilisera plus d’œufs de poules élevées en cage. Si cela ne suffit bien évidemment pas, il nous faut garder en tête que dans une société telle que la nôtre, ces victoires représentent d’énormes avancées pour ces animaux condamnés à vivre dans des conditions atroces. 

        Enfin, terminons par un (petit) tour d’horizon des limites d'un monde spéciste du point de vue...

    ...de l'environnement : la consommation en eau, tout d’abord, liée à l’élevage des volailles, bovidés et autres porcins représente un véritable gouffre : de l’élevage à l’assiette, 250g de bœuf nécessitent en moyenne 3 850L d’eau. La consommation (bien excessive) de viande est responsable en grande partie de la déforestation : 75% des terres agricoles sont dédiées aux cultures visant à nourrir le bétail. À lui seul, le soja est responsable de 91% de la déforestation amazonienne : seul 4% de ce soja est directement consommé par les humains. Quand 7g de protéines végétales sont nécessaires à la production de 1g de protéines animales, il serait bon de remettre en question la part de ces produits dans notre alimentation. Enfin, la production ainsi que la consommation de viande polluent énormément, si bien qu’elles sont désormais plus polluantes que le secteur du transport (tous transports confondus). Pour en savoir plus sur l’impact de la viande : Eau rage, eau des espoirs ! et Quand la boucherie, le monde pleure. , deux vidéos de Data Gueule.

      ...de la santé: vous trouverez ici les positions de divers organismes au sujet du véganisme. On sait aujourd’hui qu’une alimentation végétalienne bien menée est possible (et bénéfique) à tout âge de la vie. En ce qui concerne les domaines de la cosmétique ou de la pharmacologie, point de salut pour les animaux qui sont encore une fois exploités. Pour les cosmétiques, il est très simple de se tourner vers des produits non testés et ne contenant pas de produits d’origine animale : il suffit de se fier aux labels (un lien ici vers les différents labels existants). Pour ce qui est de l’expérimentation animale, nous savons aujourd’hui que les tests sur les animaux représentent une source inutile de souffrance, les réactions sur ces derniers n’étant pas les mêmes que celles sur les humains. L’association Antidote Europe milite activement afin d’y mettre un terme. Pour autant, le véganisme étant le fait d’éviter tout cela autant que faire se peut, l’association n’incite personne à se mettre en danger en refusant un traitement ayant été testé.

      ...des animaux: les chiffres sont édifiants ; ce sont plus de 60 milliards d’animaux terrestres qui sont tués chaque année. Le chiffre monte à 1000 000 000 000 (non, il n’y a pas de zéro en trop) lorsque l’on s’attarde sur les animaux marins. Aujourd’hui, les animaux sont exploités, maltraités voire tués pour leur chair, leurs sécrétions, leur peau, leur fourrure. Pour le divertissement, aussi : une campagne visant Marineland est d'ailleurs actuellement en cours sur notre site, malheureusement aux côtés de bien d'autres. Si ces chiffres semblent ne laisser aucune place à un avenir plus heureux pour les animaux, des associations telles que L214 nous donnent espoir en un monde plus respectueux, où chacun et chacune serait libre de vivre. En cela nous les remercions d’essayer, comme nous, de poser les pierres angulaires d’une société plus juste. 

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